Cavalerie Allégée

Où l’auteur, de plus en plus affecté par la Malédiction de l’Introuvable Titre, fait dans le banal mais réserve ses plaisanteries vraiment stupides pour le texte. Vous êtes prévenus.

Les armées antiques et, dans une moindre mesure, les armées médiévales ne laissent pas vraiment la place à la cavalerie légère pour une raison bien simple :

Cavalier Thrace, Musée Archéologique d'Istanbul. Elément central de la vie religieuse thrace, il est élévé au rang de divinité autochtone.

Cavalier Thrace, Musée Archéologique d’Istanbul. Elément central de la vie religieuse thrace, il est élévé au rang de divinité autochtone.

Quand les canassons que vous élevez vous coûtent un bras et ne sont utiles que pour la guerre (à la différence des bœufs, des moutons et des poulets) vous voulez vous assurer le meilleur « retour sur investissement » et donc, au lieu de les confier à n’importe quel gugusse en jupette vous filez le cheval à un gugusse en jupette qui, primo, a du pognon pour l’entretenir et, deuzio, a eu le temps de suivre l’entraînement qui va bien.

Et vous obtenez la Cavalerie ou, si vous avez vraiment de la chance ou si vous tombez sur des mecs bien vénères, des Chevaliers (et leurs équivalents à roulettes : les chars de guerre). Souvent, votre Cavalerie est suffisamment rapide pour contourner les flancs ennemis et vous comptez sur vos loyaux sujets en pagne pour harceler votre adversaire. Si vous comptez de la Cavalerie Légère dans votre armée c’est sûrement par hasard ou, sans doute, parce que récemment vous êtes entrés en contact avec des mecs bizarres qui ont mis le cheval au centre de leur culture : les nomades d’Asie Centrale. Évidemment, si vous êtes le général d’un tel peuple, vous n’allez pas vous embarrasser de considérations oiseuses, vous savez ce qu’est la Cavalerie Légère que vous soyez un Mongol, un Scythe, un Kouman, un Petchénègue ou un Magyar.

Kouman+, la Chaîne du Chwal

Je cite ces peuples car ils sont les seuls à avoir basé leur doctrine militaire sur l’archer à cheval qui est la troupe que la Cavalerie Légère (Light Horse ou LH) de DBA simule. Si la cavalerie légère des armées antiques des civilisations sédentaires existait, elle était plutôt affectée à des missions de reconnaissance, d’estafette et, plus rarement, de soutien de la cavalerie lourde. Mais la cavalerie légère nomade forme le gros de ses forces voire l’exclusivité. Et l’Histoire a montré que ces pénibles étaient efficaces. Qu’en est-il à DBA ?

Les Coumans, Chronique des Radziwill, auteur inconnu, XV° siècle

Les Coumans, Chronique des Radziwill, auteur inconnu, XV° siècle

Il faut distinguer trois types de listes qui font usage de la LH.

Tout d’abord, pas mal de listes permettent de choisir un ou deux éléments de LH. Ces listes correspondent aux doctrines militaires qui ont cantonné la LH dans les rôles de reconnaissance et de soutien de la cavalerie lourde (exemple, Romains tardifs ou listes médiévales françaises et anglaises).

Ensuite, il y a les listes qui permettent de choisir jusqu’à la moitié (ou un peu plus) des éléments en LH, le reste étant soit du piéton soit de la cavalerie lourde, je pense ici aux Parthes, aux Sarmates ou aux Alains par exemple.

Et pour finir, nous avons les listes qui contiennent une large majorité de socles de LH et qui correspondent aux peuples des steppes d’Asie Centrale que j’ai évoqués dans l’introduction. Et ce sont sur ces deux derniers cas que nous allons nous concentrer pour commencer.

Vous avez perdu contre les Mongols ? Vengez-vous, mangez du cheval !

Il est évident qu'à ce niveau, cet article est du publi-rédactionnel pour surgelés

Il est évident qu’à ce niveau, cet article est du publi-rédactionnel pour surgelés

Mais avant toute chose, regardons les points forts et les points faibles de la LH.

Du point de vue du combat, la LH n’est pas très impressionnante à première vue : +2 contre les piétons et contre les montés, soit autant que son comparse en pagne, le psilète. Ces faibles facteurs de combat sont relativisés par deux choses : la LH peut bénéficier d’un soutien arrière contre tout type de troupes ce qui en fait l’équivalent de la Cavalerie et les résultats de combat en font une troupe très durable qui n’est éliminée que sur du double par les autres montés, les Archers, les Psiloï ou un tir d’Artillerie. Fidèle à ses modèles historiques champions du monde de la rupture de combat, la LH recule ou fuit.

En ce qui concerne le mouvement tactique, la LH est ce qu’il existe de plus rapide à DBA. Elle dispose d’un mouvement de base de 4 BW et peut accomplir jusqu’à deux mouvements supplémentaires pour un total de 12 BW ! Ce qui fait que sur un tour, une LH peut potentiellement atteindre le bord adverse si vous l’avez déployée assez haut. Et n’ayez pas peur de souffrir de la portée de commandement de votre Général puisqu’en ce qui concerne les LH, cette portée s’étend à 20 BW !

Piqué sur le web - auteur non cité

Piqué sur le web – auteur non cité

Ces quelques considérations extraites des règles indiquent donc quels rôles offrir à vos LH : contourner les flancs ennemis, viser son camp, rompre ses lignes, offrir du soutien à vos troupes de front en prenant les éléments adverses sur leur arrière, etc. Des actions que seules la mobilité et la durabilité de la LH permettent d’accomplir.

La LH a pour principal défaut d’être très dépendante du terrain et ne devrait en aucun cas pénétrer dans le terrain « toupourri » (Bad Going) et rester le plus longtemps possible hors du Rough Going. C’est dans ces terrains que la cavalerie légère est la plus vulnérable puisque dans le meilleur des cas elle fuit mais y meurt sur du double contre n’importe qui.

En ce qui concerne les oppositions classiques, la LH craint l’Artillerie qui la fait fuir et la tue lors d’un tir et, surtout, les montés qui la tue sur du double même en terrain clair. Il faut également faire attention aux Archers (Bw/Cb/Lb) qui possèdent un bon bonus face aux montés et tue également la LH sur un double au tir comme au contact mais qui sont détruits eux-mêmes sur un résultat supérieur.

Heureusement, il y a Indus

Et la LH, contre qui elle cartonne ?

Bataille de Yehuling, Jami' al-tawarikh, Rashid-al-Din Hamadani, XIV° siècle

Bataille de Yehuling, Jami’ al-tawarikh, Rashid-al-Din Hamadani, 1430

Outre les Archers qui se font étendre par n’importe quel monté sur un résultat supérieur, la LH tue les Eléphants et les Chevaliers sur un résultat supérieur.

On préférera éviter les Archers et on opposera un Psiloi à un babar en goguette car on est certain de ne pas le perdre.

En revanche, la LH est bien l’arme anti-Chevalier. Avec un rang de soutien, la différence n’est que de +1 en faveur du gugusse blindé et il se fait plier sur un résultat supérieur. Les chances sont de 11% de destruction pour la LH mais de 28% pour les Chevaliers. Sans soutien arrière, les chances de destruction se renversent puisque la LH succombe dans 22% des cas alors qu’elle ne détruit son opposant que dans 17% des cas.

Face à l’infanterie, le combat se solde souvent par un statu-quo puisque les pousse-cailloux ne peuvent pas détruire la LH et que la LH avec son +2 n’a qu’une faible chance de faire reculer ou de détruire son vis-à-vis.

Mais qu’en faire alors de ces LH si on en a plein le tour du ventre parce qu’on joue Magyar mais qu’on peut rien tuer avec si en face il n’y a pas de Kn ? Eh bien, on s’en sert pour casser les pieds à l’adversaire en lui collant des ZdM partout sur son chemin et, ainsi, bloquer son avance, rompre ses lignes, forcer ses éléments à changer d’orientation et engager chaque petit groupe avec vos LH.

Au bout d’un moment, ça va être panique à bord, les fantassins adverses vont se retrouver pris dans de multiples ZdM, vont reculer les uns dans les autres et, logiquement, vous devriez gagner si vous exploitez correctement les surnombres locaux. Si l’adversaire possède des montés, occupez-vous en en priorité, seuls les montés peuvent contrecarrer ce type de plan.

Les Scythes de Sviatoslav Ier de Kiev poursuivis par les Péchenègues. Entre XI° et XIII° siècles, détail du Madrid Skylitzes

Les Scythes de Sviatoslav Ier de Kiev poursuivis par les Péchenègues. Entre XI° et XIII° siècles, détail du Madrid Skylitzes

Maintenant que vous avez vu ce que les armées de cavaliers légers pouvaient faire, vous vous demandez comment parer la menace de ces hordes de Huns (11111111111111, ad libitum) alors que vous n’avez pas de chevaux, pauvres piétons pouilleux ! Par pure malice et fainéantise, je ne vais pas vous le dire mais je vous laisse le deviner et l’écrire dans les commentaires.

Sandchaser,
Il y a longtemps
Mais publié le 12 novembre 2017

Une réaction sur “Cavalerie Allégée”

  1. Bluestone28 dit :

    merci pour cet article! je n’ai plus qu’a m’entrainer au maniement des mes Mongols, en tout cas ça va viiite!

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